La peinture de Pascal Lamy-Rousseau est d’un réalisme saisissant.

Lorsque le spectateur se place à distance raisonnable, la lecture des sentiments est palpable à travers les regards. Les expressions se devinent alors sur les visages.
La communication verbale n’est pas encore possible à cet endroit, l’observateur devra se rapprocher.

Restons encore à distance respectable et découvrons des portraits pourvus de sentiments de plénitude.
La constance avec laquelle l’artiste utilise des modèles d’ethnies différentes associés à des sentiments de sérénité laisse croire qu’il ne peut trouver autour de lui congénères capables de transmettre et de partager pareils épanchements.
Dans nos sociétés abouties, le rêve n’est plus permis et la gestion des sentiments rationalisée.

Alors pour s’évader et retrouver goût à la vie, Pascal Lamy-Rousseau peint avec ivresse.
Si la peinture est réfléchie, les périodes de création sont anarchiques laissant l’artiste dans un certain désœuvrement durant les périodes de carences créatives.

La peinture est pour Pascal Lamy-Rousseau bien plus qu’un passe-temps. Elle le libère de ses tensions qui l’animent et qui transparaissent à mesure que l’on se rapproche de sa toile.
Quand la communication verbale devient possible, quand l’œuvre est à portée de main et que l'échange peut devenir intime, les tableaux de Pascal Lamy-Rousseau révèlent une expression et une technique qui décharnent les êtres.

La peau est dépigmentée pour être ensuite pixelisée.
Quelquefois, les chairs sont à vif, les rides sont creusées et les stigmates sont valorisées pour en quelque sorte stigmatiser ses tableaux.
Rien est lisse, tout est accidenté, le trait est court et la touche saccadée.

D’un modèle à lecture unique, Pascal Lamy-Rousseau ouvre une nouvelle voie souterraine ou chaque cavité est explorée et mise en lumière.
Pas de zone uniforme : tout est strié, rayé, lacéré. La peinture de Pascal Lamy-Rousseau est un combat avec lui-même mais également avec son œuvre. Celle-ci devra, pour le satisfaire, répondre aux canons énoncés plus haut :
sérénité et plénitude.


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Alain Lateb